Le système immunitaire et la vaccination

Vaccin covid-19

Durant la pandémie de covid-19, 80 % des Français ont reçu une première dose de vaccin au 1er janvier 2023, soit 54,2 millions de patients. Presque tous (78,7 %, soit 53,4 millions de patients) ont un schéma vaccinal complet, qui inclut, selon les vaccins, l’injection d’une deuxième dose. Ces chiffres viennent de l’Assurance maladie. J’ai moi-même reçu quatre injections et je n’ai ressenti qu’une douleur pendant quelques jours à l’endroit où la piqûre a été faite, comme un hématome. Depuis, je ne compte plus le nombre de personnes qui disent que je devrais être déjà mort, que je devrais mourir ou connaître des problèmes de santé dans les prochaines années. Il faut avoir un certain courage pour se faire vacciner, n’est-ce pas ?

Cet acte n’est pas anodin. On se fait injecter des microbes tués, des fragments de microbes (leurs toxines inactivées ou des éléments de leurs enveloppes), des microbes toujours en vie, mais atténués. Le vaccin contre la rougeole, qui appartient à la troisième catégorie, qui peut engendrer une éruption cutanée. Son agent pathogène est un virus apparenté à celui de la peste bovine, officiellement éradiquée en 2011. De même, il arrive dans de très rares cas que le vaccin oral contre la poliomyélite, également virale, provoque cette maladie.

SARS-CoV-2
Coronavirus SARS-CoV-2 isolé d’un patient aux États-Unis (en jaune, vue au microscope électronique à balayage, émergeant de la surface des cellules cultivées en laboratoire). Crédit: National Institute of Allergy and Infectious Diseases, 19 février 2020.

Le statisticien Pierre Chaillot a écrit deux livres pour expliquer que le SARS-CoV-2 n’existe pas et que la pandémie commencée en 2020 est due à des maladies respiratoires classiques. Le virologue Didier Raoult a étudié ce virus. Le 30 octobre 2025, j’ai demandé à un complotiste qui a raison. « Ben… Euh… ils ont tous les deux raison », m’a-t-il répondu. Ah non, ce n’est pas possible ! Puisqu’ils se contredisent, il y en a forcément un qui se trompe ou qui ment. Devinez qui.

Ce que je désigne comme un microbe est soit une bactérie, soit un virus. Si les bactéries sont des êtres vivants à part entière, sensibles aux antibiotiques, ce n’est pas le cas des virus, qui ont besoin d’infecter une cellule pour se multiplier. En dehors, ils sont des particules virales, les virions, composés d’un acide nucléique (ADN ou ARN) contenu dans une enveloppe protéique, la capside. Le fait que les virus ne sont pas tout à fait vivants explique qu’ils ne sont pas sensibles aux antibiotiques.

Je suis sûr que beaucoup de gens ignorent pourquoi on ne peut pas combattre les rhumes avec un antibiotique : ce sont des maladies causées par des virus, comme les rhinovirus, les coronavirus et les adénovirus. Le SARS-CoV-2, à l’origine de la covid-19, appartient à la seconde famille. Contre la grippe, il existe un antiviral, le phosphate d’oséltamivir (commercialisé sous le nom de Tamiflu), qui empêche les virus de quitter les cellules où ils se sont multipliés. Ces informations peuvent facilement être trouvées sur Internet, mais il y a des gens qui préfèrent troller sur les réseaux sociaux plutôt que de s’instruire :

Ces commentaires sont des réactions sur Facebook à un article publié dans l’European Heart Journal le 14 octobre 2025, annonçant la découverte d’un vieillissement accru des artères chez des femmes ayant contracté la covid-19. Au moment où j’écris cet article, je compte plus de 150 émojis rigolards. Il va sans dire que le Bouddha n’approuvait pas cette vulgarité ni le fait de se complaire dans son ignorance.

Sois donc lié avec les sages, les savants, ceux qui ont beaucoup appris, les nobles qui ne refusent pas la charge de la vérité assumée. Accompagne dans sa veille l’homme savant et prudent, comme la lune accompagne le mouvement des étoiles. (Bouddha, Dhammapada)

Je ne doute cependant pas que ces trolls feront appel à la médecine en cas de nécessité : son rejet s’arrête généralement à 39 °C de fièvre. Je pense que certaines des 200 000 personnes qui sont mortes aux États-Unis par refus de vaccination pendant les vagues delta et BA.1 omicron de la pandémie de covid-19 (estimation donnée par le docteur Peter J. Hotez) ont regretté leur décision peu avant de passer de vie à trépas.

Risquait-on sa vie quand on se faisait vacciner grâce à un vaccin à ARNm ? Une très large étude publiée le 4 décembre 2025 répond que non. Menée sur la population française, elle inclut 22,7 millions de personnes vaccinées entre mai et octobre 2021 et 5,9 millions de personnes non vaccinées au 1er novembre 2021. Au total, sur quatre années de suivi, 98 429 décès toutes causes (sur 22,7 millions de vaccinés, soit 0,4 %) ont été observées chez les personnes vaccinées, contre 32 662 (sur 5,9 millions de non vaccinés, soit 0,6 %) chez les non-vaccinés. En termes plus simples, les non-vaccinés ont tendance à mourir un peu plus que les vaccinés. Les seconds se suicident juste un peu plus que les premiers. Par ailleurs, la mortalité liée à la covid-19 était réduite de 74 % chez les personnes vaccinées, confirmant de nouveau l’efficacité de la vaccination contre les formes graves.

Comparaison des causes de décès entre les individus vaccinés et non vaccinés jusqu’au 31 décembre 2023. Le seconds ont un peu plus tendance à mourir que les premiers.

Ce communiqué de presse a été repris par de nombreux médias. Des hordes d’antivax (comme on les appelle) ont réagi sans jamais l’avoir lu. « Encore une étude commandée par Big Pharma ! » disait-il. Euh… non. Elle a été faite par EPI-PHARE, qui est un groupement d’intérêt scientifique commun à l’Agence nationale de la sécurité du médicament et à la Caisse nationale d’assurance maladie. Des antivax bien informés ont cité une étude coréenne, publiée le 26 septembre 2025, signalant un risque de cancer accru chez les vaccinés. Sauf que des scientifiques ont répondu sur PubPeer, soulignant ses défauts. Il y a, par exemple, un biais de surveillance classique : les personnes vaccinées ont davantage recours au système de santé, notamment suite à la reprise du dépistage après la pandémie, ce qui entraîne la détection d’un plus grand nombre de cancers, indépendamment de tout effet biologique.

Dans l’immensité de la littérature scientifique, on peut trouver tout ce qu’on veut, sauf une démonstration que la Terre est plate et que c’est le Soleil qui tourne autour (comme le prétend Jeff Gendron). Il y a des bonnes et de mauvaises études. Le quidam moyen n’est pas qualifié pour en juger, mais il lui est possible de s’instruire un peu, d’apprendre par exemple à distinguer les bactéries des virus et de savoir comment fonctionnent les vaccins.

Le système immunitaire

Ce sont les macrophages et les leucocytes qui nous défendent contre les agents pathogènes. Ces derniers plus familièrement appelés globules blancs (le grec leukos signifie « blanc »). Produits dans la moelle osseuse, ils sont présents dans le sang ainsi que dans la lymphe, un liquide blanchâtre qui circule dans un autre système que le système sanguin. Une partie des macrophages sont des leucocytes métamorphosés, les monocytes. D’autres, en revanche, sont présents dès le stade fœtal. Ils sont littéralement les « grands mangeurs » : ils ont la capacité de phagocyter les agents pathogènes, c’est-à-dire de les avaler. Ils les reconnaissent immédiatement grâce à des molécules présentes à leur surface : les antigènes. Mais en cas d’intrusion, ce sont des globules blancs, les polynucléaires neutrophiles (appelés ainsi quand on a cru qu’ils avaient plusieurs noyaux) qui agissent en premier. Ils sont constamment diffusés dans l’organisme par le sang. Quand ils ont rempli leur fonction, ils sont éliminés par les macrophages.

Il est bon d’avoir des patrouilleurs qui éliment tous les pathogènes qu’ils trouvent, mais en cas d’infection généralisée, une réponse adaptée est nécessaire. C’est le rôle des cellules dendritiques, présentes dans les muqueuses du tube digestif, de l’appareil respiratoire, de l’appareil uro-génital, bref de toutes les parties de l’organisme en contact avec le monde extérieur. De même que certains macrophages, elles dérivent des monocytes. Au début, elles sont immatures et capables de phagocytose. Elles reconnaissent et captent les antigènes des microbes (par des récepteurs de type Toll). Elles deviennent alors mobiles et présentent l’antigène à des lymphocytes T « naïfs ». Ces globules blancs sont appelés par la lettre T parce qu’ils naissent dans la moelle osseuse et se développent dans le thymus, une glande située devant la trachée qui appartient au système lymphatique. Elle est surtout active durant l’enfance.

Cellules immunitaires
Les cellules immunitaires de notre organisme issus d’une même cellule souche. Les lymphocytes NK (Natural Killer ou tueurs-nés) repèrent des cellules infectées par des virus et les détruisent.

Les lymphocytes T naïfs se dirigent vers les ganglions lymphatiques, où ils rencontrent des cellules présentatrices d’antigène (CPA), dont les cellules dendritiques. Ils s’activent alors et se multiplient avant de partir en campagne contre les agents pathogènes. Les lymphocytes T cytotoxiques détruisent les cellules infectées par des virus, comme ceux de la grippe et de l’hépatite A, et les virus avec elles, grâce à des substances toxiques. Quant aux lymphocytes T auxiliaires, ils permettent à des lymphocytes B de s’activer. Ils stimulent également des macrophages. Ils intègrent des signaux de l’environnement et y répondent en secrétant des cytokines qui orientent la réponse immunitaire. Ces molécules permettent de distinguer plusieurs profils, notamment h1 (typique des infections pulmonaires, comme la grippe et la covid-19), h2 et h17. Enfin, les lymphocytes T auxiliaires peuvent envoyer un signal d’apaisement qui arrête la prolifération des cellules immunitaires.

Dans le nom des lymphocytes B, la lettre B fait référence à la bourse de Fabricius, un organe des oiseaux dans lequel ils sont produits. Ils y ont été observés pour la première fois en 1965. Chez tous les autres vertébrés, ils proviennent de la moelle osseuse. Comme les lymphocytes T, les lymphocytes B commencent par être « naïfs ». Leur activation se fait soit par l’intervention d’un lymphocyte T auxiliaire, soit dans les tissus lymphoïques secondaires (ganglions lymphatiques et rate). Ils ont des récepteurs à leur surface, appelés BCR (B-Cell Receptor), de la famille des immunoglobulines. Ce sont des complexes protéiques en forme de Y. Après son activation, le lymphocyte B n’est plus hérissé de BCR. Il les secrète et les répand autour de lui tout en se multipliant de plus en plus vite. À la fin, les lymphocytes B deviennent des plasmocytes. Ces immunoglobulines sont des anticorps.

Durant leur prolifération, les lymphocytes B subissent des mutations. Ces accidents se produisent de temps en temps quand une cellule se divise. Grâce à eux, il apparaît des cellules dont les BCR sont de plus en plus adaptés à l’antigène des agents pathogènes, dont la multiplication est encouragée. Les cellules non adaptées sont au contraire condamnées à mort. Nous produisons donc une réponse immunitaire spécifique grâce à des erreurs de réplication de l’ADN des lymphocytes B.

Coronavirus
Structure d’un coronavirus d’après Sandrine Belouzard et al, 2012. Une couronne de protéines Spike entoure le virus. Elles comportent de 1 160 à 1 400 acides aminés.

Les anticorps se lient aux antigènes comme une clé entre dans une serrure. Si l’antigène est celui d’une bactérie, l’anticorps peut également se lier avec un macrophage et entraîner la phagocytose de cet envahisseur. Il peut aussi perforer sa membrane. Les anticorps ont également la capacité de neutraliser les toxines sécrétées par les bactéries. Ils les empêchent de se lier avec les cellules de notre organisme. Le SARS-CoV-2 est hérissé de protéines dites Spike en anglais, qui se lient à un récepteur de nos cellules. Il fusionne sa membrane avec celle de la cellule et injecte son génome dedans pour le répliquer. Ces protéines sont les antigènes visés par notre système immunitaire. Elles sont les cibles des anticorps.

Le principe des vaccins

Beaucoup de plasmocytes, qui ont faiblement muté, ont une durée de vie courte. Ils assurent une réponse rapide de l’organisme à l’infection. D’autres peuvent vivre jusqu’à plusieurs décennies. Ils sont localisés dans la moelle osseuse, ne se multiplient plus et continuent à produire des anticorps. On connaît également des lymphocytes B à mémoire, qui ne produisent pas d’anticorps, résident dans le sang, les ganglions lymphatiques et la rate et réagissent très vite en cas de réinfection.

Variole
Deux garçons du même âge exposés à la même souche de la variole, cette maladie causée par un poxvirus qui martyrisait l’humanité. L’un est vacciné et l’autre non (devinez qui). En 1796, le médecin anglais Edward Jenner observa que les femmes chargées de traire le lait des vaches atteintes de vaccine (variole des vaches, cowpox en anglais) ne contractaient jamais la maladie de la variole humaine. Plus tard, il inocula la vaccine à James Phipps, un garçon de huit ans, qui déclara seulement avoir quelques pustules. Plus tard, il se révéla immunisé contre la variole humaine. L’expérience fut réitirée sur une dizaine de cobayes. En 1801, 100 000 personnes étaient inoculées en Angleterre. En 1805, 400 000 personnes l’étaient en France. Cette maladie a été déclarée éradiquée par l’Organisation mondiale de la santé le 24 mai 1980.

La survie de ces globules blancs explique-t-elle l’utilité des vaccins ? Non, pas vraiment. Il semble que notre système immunitaire tout entier possède une mémoire qu’il est encore difficile d’expliquer. En tout cas, cela fonctionne assez bien. Tout le problème est d’alerter le système immunitaire sans provoquer de maladie. La diphtérie et le tétanos sont causés par des bactéries, qui agissent grâce à leurs toxines. Celle du tétanos, la tétanospasmine, vise le système nerveux central. La vaccination consiste à injecter des toxines préalablement inactivées au formol. Contre le virus de l’hépatite B, on utilise le génie génétique : on demande à son ADN de fabriquer une capside vide, que l’on injecte dans l’organisme.

Le génie génétique a été poussé beaucoup plus loin avec les vaccins contre la covid-19. Le tozinaméran de Pzifer-BioNTech (vendu sous la marque Cominarty) demande à l’organisme de produire lui-même la protéine Spike (ou simplement S). Le système immunitaire y réagit bien que le virus ne soit pas présent. Pour cela, on injecte un ARN messager, ou ARNm, qui demande aux ribosomes de fabriquer ces protéines. L’ARN est l’acide ribonucléique, une molécule plus simple que l’ADN qui peut porter des informations génétiques. Les ribosomes sont des complexes moléculaires composés de protéines et d’ARN présents dans toutes les cellules vivantes, y compris les bactéries, mais que les virus n’ont pas. Quand ils reçoivent un ARNm, ils produisent une protéine. Normalement, cet ARNm vient de l’ADN de la cellule, qui fabrique de la sorte les protéines dont elle a besoin. La « traduction » de l’ARNm en protéine se fait grâce au fameux code génétique.




Effet de la vaccination contre la covid-19 sur le système immunitaire, d’après John Teijaro et Donna Farber, 2021. Des cellules dendritiques (DC), au site d’injection ou dans les ganglions lymphatiques, phagocytent les molécules d’ARNm encapsulées dans des nanoparticules lipidiques. Les récepteurs de type Toll 7 (TLR7) captent les ARNm, ouvrant la voie à la synthèse des protéines S. Les cellules dendritiques présentent ces protéines aux récepteurs (TCR) des lymphocytes T « naïfs » grâce au complexe majeur d’histocomptabilité de classe II (MHC class II). Ces lymphocytes (T cell) sont alors activés et se différencient en cellules effectrices pour former des lymphocytes T cytotoxiques ou des lymphocytes T auxiliaires. Les lymphocytes T auxiliaires folliculaires (TFH cell) aident les lymphocytes B (B cell) spécifiques de la protéine S à se différencier en plasmocytes (Plasma cell) sécrétant des anticorps et favorisent la production d’anticorps anti-protéine S (Anti-S protein antibodies) de haute affinité. Les CD80 et CD86 (classes de différenciation 80 et 86) sont des glycoprotéines membranaires des cellules dendritiques qui se lient avec les CD28 des lymphocytes T. Le chiffre 5′ désigne une extrémité non traduite de l’ARNm. On met dessus une « coiffe » indispensable, comprenant trois atomes de phosphate P.

Le vaccin d’Oxford-Astrazeneca utilise un adénovirus de chimpanzé modifié, joliment appelé ChAdOx1. Il est incapable de se répliquer, car des gènes utilisés pour la réplication ont été remplacés par un gène codant pour la protéine S. Après la vaccination, l’adénovirus pénètre dans les cellules et libère ses gènes, sous forme d’ADN, qui sont transportés jusqu’aux noyaux des cellules. L’ARNm synthétisé se dirige ensuite vers les ribosomes et le reste se déroule comme avec le tozinaméran. Évidemment, l’idée d’utiliser un adénovirus (ou un poxvirus) à réplication défectueuse comme vecteur vaccinal est plus ancienne que la pandémie de covid-19. Les premières expérimentations remontent à la décennie 2000. On faisait déjà des essais cliniques contre le paludisme, la tuberculose et la grippe, comme le rapporte cet article publié en 2009 dans Nature Reviews Microbiology. Le vaccin russe Spoutnik V et le vaccin Johnson & Johnson contre la covid-19 utilisent également des adénovirus comme vecteurs pour administrer la protéine Spike.

Pour aller plus loin

Cet article ne donne qu’un tour d’horizon très succinct du principe de la vaccination. Il ne permet pas de se faire une idée des bénéfices et des risques de chaque vaccin. Pour en savoir plus, je conseille la lecture du livre Les Vaccins, la science et nous de Lise Barnéoud, publié chez Flammarion en 2018. L’autrice est journaliste scientifique indépendante. La pandémie de covid-19 n’y apparaît pas.

Au sujet de l’ARN messager, on pourra lire cet article de l’Institut Pasteur sur sa découverte. Elle est l’œuvre de François Jacob et Jacques Monod. Ils l’ont annoncée en 1961, ce qui leur a valu d’être récompensés par le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1965. La même récompense a été adressée à Katalin Karikó et Drew Weissman en 2023. La mise au point des vaccins à ARNm durant la pandémie de covid-19, effectuée grâce à eux, était l’aboutissement de trois décennies de recherche. J’ai pris la liberté de faire traduire par Google un exposé détaillé des recherches ayant conduit à ces vaccins, distribués par Pzifer et Moderna. Il a été rédigé par deux professeurs de l’Institut Karolinska membres du comité du prix Nobel.

Les mensonges d’Henrion-Caude

Cela change de toute la désinformation qui circule sur Internet. La généticienne Alexandra Henrion-Caude l’a portée à son paroxysme avec la publication de son livre Les apprentis sorciers, Tout ce que l’on vous cache sur l’ARN messager le 8 mars 2023. Son directeur de thèse, le généticien Axel Kahn (1944-2021) l’a désavouée juste avant d’être emporté par le cancer. Sa dérive complotiste s’explique sans doute par son intégrisme catholique. On peut être intelligent et irrationnel. Je ne comprends pas comment une scientifique peut croire que Dieu engrosse la femme encore vierge de Joseph pour qu’elle donne un garçon qui est le fils de Dieu ou Dieu lui-même, finit crucifié pour racheter les péchés de l’humanité, puis quitte son cercueil pour monter au ciel (dans la stratosphère, la mésosphère, en orbite basse ou géostationnaire ?). Le basculement d’Henrion-Caude dans la sphère antivax lui a en tout cas rapporté beaucoup. Le 21 avril 2023, France info a prévu que ses droits d’auteurs s’élèveraient à 130 000 €, grâce aux 15 000 exemplaires initialement vendus et aux 60 000 exemplaires en impression. Pour son éditeur, les gains prévisibles étaient de 250 000 €. Le 14 décembre 2023, Henrion-Caude a annoncé avoir vendu 150 000 livres, si bien que ces chiffres doivent être au moins doublés. Non, l’éditeur n’a pas été courageux de publier ce livre. Il a été très avisé.

Hôpital pour la covid-19 au Brésil le 19-juin 2020, photographié par Gustavo Basso. L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré la fin de l’urgence sanitaire internationale le 5 mai 2023, sachant que ce n’est pas la fin de la menace.

Je n’ai pas les compétences pour réfuter tous les propos d’Henrion-Caude, mais dans un extrait de vidéo cité par France Info, on l’entend dire « cette injection va rentrer son code génétique chez vous » (elle prétend que l’ARNm modifie notre patrimoine génétique). Alors non, ça n’a pas de sens. Il n’existe qu’un seul code génétique, le même pour tous les organismes vivants. Cette affirmation est une jolie perle que l’on repère avec un peu d’instruction.

Mais les antivax ne cherchent pas à s’instruire. J’ai demandé à l’homme qui a écrit les lignes ci-dessus s’il sait comment fonctionne un vaccin à ARNm. Il m’a répondu : « Vous en savez plus que Sabatier ou Henrion-Caude ? » Mais ce n’était pas la question. Je lui demandais si, lui, il sait comment fonctionne un vaccin à ARNm. Je n’ai jamais reçu de réponse. Il n’a jamais cité les noms des « milliers de chercheurs hautement compétents [ayant] démontré le désastre des produits ARNm ». Le docteur Anthony Fauci est un chercheur émérite en infectiologie, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases de 1984 à 2022. Robert Francis Kennedy Jr. est un avocat et politicien, militant antivax et consommateur d’héroïne pendant 14 ans, dont le cerveau a été partiellement rongé par un ver. Le président Donald J. Trump l’a nommé Secrétaire à la santé et aux services sociaux (ministre de la Santé) en 2025.

Maintenant, les 54,2 millions de Français vaccinés, dont moi-même, et beaucoup d’autres dans le monde, n’ont plus qu’à attendre les mille morts promises (sans compter qu’ils auront des enfants génétiquement modifiés). Il faudrait également organiser un débat entre Chaillot et Henrion-Caude sur l’existence du SARS-CoV-2.

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